Comment je me suis fais des amis au Vietnam
Au Vietnam, j’ai mené une expérience intentionnelle pour développer mes compétences sociales.
J'ai vécu quatre ans à Caen sans me faire de véritables amis. Mon temps était consacré à ma partenaire et à nos familles. On s'est séparé. Je me sens seul, déprimé, et je veux construire des relations épanouissantes.
Je pars de deux intuitions :
- la qualité de notre vie dépend largement de la qualité de nos relations
- les relations se créent quand on investit sincèrement ses centres d’intérêt dans des communautés physiques
Je pense que les compétences sociales comptent autant que les compétences techniques. Et je souhaite être plus à l'aise dans les situations sociales : conférences, entreprise, réunions familiales.
Le point de départ
J'ai d'abord passé trois semaines en auberge.
Dans ce cadre, rencontrer de nouvelles personnes était presque trop facile.
Lorsque j'ai pris un appartement, le jeu s'est corsé.
J’ai essayé de rencontrer des gens via Tinder.
J'ai eu dix fois plus de matchs qu'en France.
Mais l’expérience a été mauvaise :
- conversations peu intéressantes
- stress important lors du seul rendez-vous que j’ai fait
- sentiment d’artificialité dans les interactions.
Je me suis aussi rendu compte d’un problème plus profond. Je sous-investissais mes centres d’intérêt. Et j’essayais de rencontrer des gens en dehors de ce qui me faisait vraiment vibrer.
J’ai décidé de tester une autre approche : rencontrer des gens en vivant honnêtement mes passions.
J'ai désinstallé Tinder, pris un abonnement dans un studio de danse, et je me suis jeté à l'eau.
Réalisation
Mon travail de préparation a consisté à :
- étudier cinq livres sur les relations et la conversation
- suivre deux formations en ligne sur les compétences sociales
- rédiger un conversation-résumé pour préparer mes réponses aux questions fréquentes
J'ai mis en place d’habitudes sociales comme aborder une nouvelle personne chaque jour, participer à des événements sociaux type English Meetups, proposer d'aller manger ensemble après les cours de danse.
J'ai rejoins des communautés locales : groupe de méditation, Brazilian Zouk Crew, running club.
Objectif : dépasser ma peur d'aller vers l'autre et développer des amitiés.
Après quelques mois, j’avais construit un petit cercle d’amis à Saigon, principalement autour de la danse. Nous nous retrouvions régulièrement après les cours ou pour aller manger ensemble.
Apprentissages
J'ai cartographié tout ce que j'ai appris sur le sujet dans cette mindmap.
En synthèse, trois facteurs jouent un rôle majeur dans la création d’amitiés :
1 — Temps partagé : les relations se construisent surtout grâce aux interactions répétées. Viser des interactions amicales, même brèves, et régulières avec les gens. Une activité régulière (sport, danse, atelier) facilite cela.
2 — Self-disclosure : les relations progressent lorsque chacun partage des choses personnelles. Une bonne conversation équilibre curiosité pour l’autre et partage de soi. L'équilibre est très important. Les deux personnes avec lesquelles j'ai le plus connecté sont les personnes auxquelles je me suis le plus ouvert (Dạ Lan, Kevin). Et cela a marché car j'ai aussi été à leur écoute.
3 — Contexte : Les rencontres fonctionnent mieux dans des espaces où les gens partagent déjà un intérêt commun. Les applications de rencontre créent souvent des interactions artificielles.
Le principe à retenir
Investis dans tes centres d’intérêt, pas dans les plateformes.
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